Frais de succession entre frère et sœur
Hériter d'un frère ou d'une sœur coûte cher. L'abattement n'est que de 15 932 €, et au premier euro au-dessus, l'impôt démarre déjà à 35 %. Sur 100 000 €, une sœur laisse plus de 35 000 € au fisc. Cette page calcule le montant exact, montre le seul cas d'exonération totale, et chiffre la parade que les autres simulateurs ignorent.
En résumé : abattement de 15 932 €, puis 35 % jusqu'à 24 430 € et 45 % au-delà (art. 777 et 779 du CGI). Une seule sortie complète : l'exonération de l'art. 796-0 ter, réservée au frère ou à la sœur qui a vécu avec le défunt. Et un vrai levier avant décès : l'assurance-vie, dont l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire écrase celui de 15 932 € de la succession directe.
Ce qu'un frère ou une sœur va payer
Saisissez la part nette qui revient au frère ou à la sœur. Le calcul applique l'abattement de 15 932 € et le barème 35 % / 45 %, puis le compare à la même somme transmise par assurance-vie.
Exonération totale de l'art. 796-0 ter — les trois conditions
Succession directe contre assurance-vie, en euros
Écart : 35 388 €. Transmettre cette somme par une assurance-vie ouverte avant 70 ans plutôt qu'en direct fait passer l'abattement de 15 932 € à 152 500 € par bénéficiaire. C'est l'écart entre 35 388 € et 0 € de droits. Nos concurrents excluent l'assurance-vie de leur simulateur ; c'est pourtant l'arme n°1 d'une fratrie.
Ce calcul isole la part d'un frère ou d'une sœur. Pour une succession complète — plusieurs héritiers, immobilier, dettes, réserve héréditaire, donations — passez par la simulation détaillée.
Lancer la simulation complèteLe barème frère/sœur, en clair
Deux tranches, c'est tout. Après l'abattement de 15 932 €, chaque euro tombe dans l'une des deux. Pas de tranche à 5 % ou 10 % comme pour les enfants : la fratrie attaque directement au taux fort.
| Part taxable (après abattement) | Taux |
|---|---|
| Abattement | 15 932 € exonérés |
| De 0 à 24 430 € | 35 % |
| Au-delà de 24 430 € | 45 % |
Trois montants de fratrie, déroulés
50 000 € hérités
- 50 000 € − 15 932 € = 34 068 € taxables.
- 35 % sur la première tranche, 45 % sur le reste.
12 888 € de droits
Reste 37 112 € net — un prélèvement de 25,8 %.
100 000 € hérités
- 100 000 € − 15 932 € = 84 068 € taxables.
- 35 % sur la première tranche, 45 % sur le reste.
35 388 € de droits
Reste 64 612 € net — un prélèvement de 35,4 %.
200 000 € hérités
- 200 000 € − 15 932 € = 184 068 € taxables.
- 35 % sur la première tranche, 45 % sur le reste.
80 388 € de droits
Reste 119 612 € net — un prélèvement de 40,2 %.
Ces trois montants sont calculés par le même moteur que le simulateur ci-dessus. Changez la valeur en haut de page pour votre cas exact.
L'exonération totale de l'art. 796-0 ter : le seul zéro possible
Il existe un cas, et un seul, où un frère ou une sœur hérite sans payer un centime. L'article 796-0 ter du CGI exonère totalement de droits la fratrie qui remplit trois conditions cumulatives au jour du décès :
- être célibataire, veuf ou divorcé ;
- avoir plus de 50 ans, ou être atteint d'une infirmité l'empêchant de travailler dans des conditions normales ;
- avoir été domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès, de façon continue.
Les trois, ensemble. Un frère de 62 ans célibataire qui a soutenu financièrement sa sœur mais vivait dans une autre ville n'y a pas droit : la cohabitation manque. C'est la condition qui coince le plus souvent, et celle que le notaire vérifiera le plus sérieusement — la domiciliation commune se prouve, elle ne se déclare pas.
Concrètement, ce texte vise les fratries âgées qui ont fini leur vie sous le même toit : deux sœurs restées ensemble, un frère qui s'occupe d'une sœur dépendante. Quand il s'applique, il efface la totalité des droits — pas un abattement, une exonération. Cochez les trois cases dans le simulateur pour voir la note tomber à zéro.
Avant le décès : pourquoi l'assurance-vie change tout pour une fratrie
C'est le point que les autres simulateurs laissent de côté. Qoridor, Legare, Ateis : aucun n'intègre l'assurance-vie à son calcul frère/sœur. Or c'est précisément là que se joue la différence, parce que l'abattement passe de 15 932 € en direct à 152 500 € par bénéficiaire en assurance-vie, et le taux de 35-45 % à 20 %.
Prenons 200 000 € transmis à une sœur. En succession directe, le fisc prend 80 388 €. Via une assurance-vie alimentée avant les 70 ans de l'assuré, la même somme ne déclenche que 9 500 € : les 152 500 € d'abattement absorbent l'essentiel, et seul le reste est taxé à 20 %. L'écart — 70 888 € — n'est pas une optimisation à la marge, c'est un changement d'ordre de grandeur.
Le simulateur en haut de page affiche cet écart pour votre montant. Ce n'est pas une astuce de dernière minute : il faut ouvrir le contrat et verser les primes du vivant de l'assuré, idéalement avant ses 70 ans. Après 70 ans, l'abattement tombe à 30 500 € (art. 757 B), ce qui reste bien plus doux que la succession directe pour une fratrie, mais moins spectaculaire.
L'autre levier classique, la donation démembrée, réduit lui aussi l'assiette — mais pour un frère ou une sœur, l'assurance-vie reste l'outil le plus simple et le plus puissant, parce qu'elle est hors succession et que son abattement est propre à chaque bénéficiaire.
Et les frais de notaire, dans tout ça ?
Il faut les distinguer des droits de succession. Les droits, c'est l'impôt d'État — les 35-45 % ci-dessus. Les frais de notaire, c'est autre chose : ils rémunèrent les actes nécessaires au règlement (acte de notoriété, déclaration de succession, attestation immobilière s'il y a un bien) et se composent d'émoluments réglementés dégressifs, de débours, de la contribution de sécurité immobilière, plus la TVA à 20 %.
Ils sont les mêmes quel que soit le lien de parenté : un frère ne paie pas plus de frais de notaire qu'un enfant. Ce qui change du tout au tout entre eux, c'est l'impôt. Pour le détail chiffré des émoluments par tranche et un exemple de coût global, voyez notre page dédiée aux frais de notaire d'une succession.
Six mois pour payer — et comment étaler
La déclaration de succession se dépose dans les six mois du décès s'il a lieu en France (art. 641 du CGI). C'est aussi le délai pour payer les droits. Pour une fratrie, l'addition peut être lourde alors que l'héritage est parfois surtout immobilier, donc peu liquide.
Deux facilités existent. Le paiement fractionné étale les droits en plusieurs versements sur un an, ou trois ans quand l'actif comporte plus de 50 % de biens non liquides. Le paiement différé concerne les transmissions en nue-propriété. Les deux se demandent au dépôt de la déclaration, moyennant des intérêts, et l'administration peut exiger une garantie.
Quand consulter un notaire
Le recours au notaire est obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier dans la succession, un testament, une donation entre époux, ou un actif dépassant 5 000 €. Pour une fratrie, c'est presque toujours le cas.
Avant même le décès, un rendez-vous se justifie pour vérifier l'éligibilité à l'art. 796-0 ter (la cohabitation se documente à l'avance) et pour mettre en place une assurance-vie avec une clause bénéficiaire propre. C'est là que se gagne l'essentiel.
Notre limite : ce simulateur estime les droits sur une part isolée. Il ne remplace pas la déclaration officielle, ne valorise pas un usufruit croisé entre collatéraux et ne tranche pas les cas de représentation (neveux venant en lieu et place d'un frère prédécédé). Faites vérifier le résultat.
Questions fréquentes
Quel abattement pour un frère ou une sœur en 2026 ?
15 932 € (article 779 IV du CGI). Au-delà, la part est taxée à 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 %. C'est le pire régime après les tiers et les cousins : un enfant, lui, a 100 000 € d'abattement et démarre à 5 %.
Pourquoi une fratrie paie-t-elle 35 à 45 % ?
Parce que le droit fiscal favorise la ligne directe (parents-enfants). Les frères et sœurs sont des collatéraux privilégiés : le législateur considère la transmission latérale comme moins « naturelle » et la taxe plus lourdement. Seule l'exonération de l'art. 796-0 ter y échappe totalement.
Quand un frère ou une sœur ne paie-t-il aucun droit ?
Dans un seul cas : l'article 796-0 ter. Il faut être célibataire, veuf ou divorcé au décès, avoir plus de 50 ans ou être infirme, et avoir vécu avec le défunt les cinq années précédant le décès. Les trois conditions ensemble, pas une seule.
Comment un frère peut-il transmettre à sa sœur sans qu'elle soit ruinée par l'impôt ?
L'assurance-vie. Une sœur désignée bénéficiaire d'un contrat alimenté avant les 70 ans de son frère profite d'un abattement de 152 500 € (art. 990 I), contre 15 932 € en direct. Sur 150 000 €, c'est 0 € de droits au lieu de près de 58 000 €.
L'assurance-vie est-elle vraiment plus avantageuse pour une fratrie ?
Oui, et c'est là que l'écart est le plus violent. L'abattement passe de 15 932 € à 152 500 € par bénéficiaire, et le taux tombe à 20 % au lieu de 35-45 %. Le simulateur ci-dessus chiffre l'économie exacte selon le montant transmis.
Quels sont les frais de notaire pour une succession entre frère et sœur ?
Ils sont identiques quel que soit le lien : émoluments réglementés dégressifs sur l'actif, débours, contribution de sécurité immobilière s'il y a un bien, plus la TVA à 20 %. Ils s'ajoutent aux droits de succession, ils ne les remplacent pas. Le détail est sur notre page dédiée.
Quel est le délai pour déclarer la succession ?
Six mois à compter du décès si celui-ci a lieu en France, douze mois s'il survient à l'étranger (art. 641 du CGI). Passé ce délai, l'administration applique un intérêt de retard de 0,20 % par mois et, après un an, une majoration.
Peut-on étaler le paiement des droits de succession ?
Oui. Le paiement fractionné permet de régler les droits en plusieurs versements sur un an, ou trois ans si l'actif comporte plus de 50 % de biens non liquides. Le paiement différé existe pour la nue-propriété. Ces facilités se demandent au moment du dépôt, avec des intérêts.
Les donations reçues avant le décès comptent-elles ?
Oui. Toute donation reçue du défunt dans les quinze ans précédant son décès s'impute sur l'abattement de 15 932 € (rappel fiscal, art. 784 du CGI). Passé quinze ans, l'abattement se reconstitue entièrement. Le simulateur déduit ces donations de l'abattement.
Sources
- Article 777 du CGI — barème des droits, tarif entre frères et sœurs (35 % puis 45 %).
- Article 779 du CGI — abattement de 15 932 € pour les frères et sœurs.
- Article 796-0 ter du CGI — exonération totale du frère ou de la sœur ayant vécu avec le défunt.
- Article 990 I du CGI — assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
- Service-public.fr — droits de succession et délais de déclaration (six mois, art. 641 du CGI).
Pour aller plus loin
- Simulateur de succession complet — plusieurs héritiers, immobilier, réserve héréditaire, donations sur 15 ans.
- Simulateur assurance-vie — pour chiffrer la parade évoquée ci-dessus, contrat par contrat.
- Succession sans enfant : qui hérite et combien — le cas où la fratrie est appelée en premier.
- Barème 2026 des droits de succession — tous les liens de parenté comparés.